Consejo al espacio IV
« Depuis l’espace, avec son frère, le temps, sous la gravité insistante, en ressentant la matière comme un espace plus lent, je m’interroge avec étonnement sur ce que j'ignore. Je travaille pour connaître et je donne une plus grande valeur à la découverte qu’à la connaissance. Je crois que je dois essayer de faire ce que je ne sais pas faire, essayer de voir là où je ne vois pas, reconnaître ce que j’ignore, identifier l’inconnu. Dans ces processus, semblables à ceux de la science créative, il y a beaucoup de difficultés. »
Toute l’œuvre de Chillida est marquée par la dialectique entre la matière et l’espace. Cela a été l’une de ses plus grandes préoccupations. Le dialogue entre le plein et le vide l’intéressait. Mais pour que ce dialogue fonctionne, la matière ne peut être qu'une matière massive, parce que si elle était vide, elle contiendrait à l’intérieur un espace caché et inaccessible, ce qui pour lui équivalait à un piège. L’espace doit être visible et accessible. Le sculpteur créait des espaces habitables pour l’esprit, des lieux de rencontre avec l’œuvre et avec soi.